Maryse et le yoga

Aujourd’hui, tout le monde est convaincu de la nécessité de bouger, d’avoir une activité physique, de faire du sport le plus souvent possible. Mais de là à le faire (ou pouvoir le faire) régulièrement, il y a souvent un pas ! J’ai rencontré Maryse qui, elle, en a un besoin fondamental. Et c’est le yoga – mais pas n’importe lequel – qui est devenu au fil du temps une de ses activités quasi-quotidiennes. Dans cette conversation, elle nous explique tout ça en détail. Après l’avoir écoutée – et regardée puisque je l’ai filmée – le mot yoga ne sera plus ce terme un peu vague derrière lequel nous mettons tous plus ou moins des clichés !

Vidéo – Jean-Claude :
Respirez, levez vos bras, loin devant vous. Séparez bien vos doigts. On s’occupe de vos doigts. Posez bien vos mains au sol, bien à plat. Et gardez de… comment dire ? … de la conscience sur vos doigts. Je voudrais que tous les doigts soient bien étirés et que vous appuyiez bien avec le pouce et l’index. D’accord ?

A : Bonjour Maryse.
M : Bonjour Anne.
A : Alors, tu fais du yoga. Depuis toujours ?
M : Non, pas depuis toujours. Je fais du yoga (1) depuis à peu près une dizaine d’années, mais je fais du yoga Iyengar depuis deux ans.
A : Parce que avant… Tu avais fait autre chose avant ? Parce que c’est compliqué pour les gens, oui, toutes ces sortes de yoga.
M : Alors, j’ai fait essentiellement du Hatha yoga, qui est le même yoga qu’Iyengar. Iyengar, c’est juste la pédagogie qui est un peu différente, mais sinon au niveau (2) des postures, ce sont des postures qui sont identiques.
A : Que tu connaissais.
M : Que je connaissais. J’ai fait aussi une année de Vinyasa.
A : Et alors, la différence, Vinyasa ? Oui, on entend souvent…
M : Vinyasa, ce sont des enchaînements, en fait. On enchaîne (3) les postures, on est en mouvement permanent.

A : Alors que le yoga Iyengar, c’est…
M : Le yoga Iyengar, c’est vraiment prendre… prendre une posture.
A : On n’y arrive peut-être pas directement, à la posture ? Si ? Ça se prépare ?
M : Alors, ça se prépare, mais en même temps, on va assez vite vers la posture aboutie (4) parce qu’on utilise du matériel qui permet de se positionner, de s’aligner et d’atteindre la posture finale avec du matériel, si le corps…
A : En a besoin ?
M : En a besoin.
A : Alors, qu’est ce que c’est, ce matériel?
M : Alors, le matériel, il y a des chaises, des briques, des sangles, des couvertures.
A : Et donc ça sert si on n’est pas suffisamment… Je ne sais pas si on peut dire ça: souple ?
M : Souple, oui, oui, tout à fait.
A : Ça permet de ne pas se fracasser (5) ?
M : Voilà. Bah disons que ça permet d’aller dans la posture sans se blesser, sans se faire mal, mais de pouvoir du coup ressentir, savoir un petit peu quelles sont les parties du corps qu’il va falloir activer. Ça, c’est vraiment intéressant par rapport à (6) une autre pédagogie qui ne t’emmène pas forcément à la posture aboutie, puisque ton corps ne le permet pas. Donc tu fais un embryon de posture (7). Je trouve que l’Iyengar, c’est bien, parce que, du coup, on est vraiment dans un alignement. On active vraiment des parties du corps qu’on ne pourrait pas activer sans matériel. En fait, moi, je le ressens comme ça.
A : Finalement, toi, tu t’es tournée vers le yoga Iyengar et c’est vraiment celui-là maintenant que tu pratiques.
M : Oui, c’est celui-ci, parce que je trouve qu’il est rigoureux (8) et exigeant (9) et on perçoit bien ses progrès, en fait.
A : Alors, qu’est ce que ça a changé pour toi, dans ta vie, de faire du yoga ? Quand tu as commencé, c’est que tu avais un besoin ou c’était par curiosité ?
M : Oui, le yoga, moi, je l’ai surtout fait pour m’assouplir et m’étirer, parce que je faisais de la course (10), j’avais besoin d’étirements. Donc je l’ai fait. Ensuite Iyengar, maintenant, je fais quasiment que ça parce que je trouve que ça m’apporte suffisamment. Ça demande beaucoup de… d’efforts, de concentration. C’est exigeant. Donc voilà.
A : Tu n’as plus besoin de courir ?
M : J’ai moins besoin de courir, oui, oui.
A : Il y a beaucoup de gens qui imaginent que le yoga, c’est tranquille. On s’assoit par terre et on médite.
: Oui, c’est ce que j’ai connu au démarrage (11). C’est vraiment une autre… une autre façon de pratiquer (12). En fait, il y a des yogas où on propose plus que la posture, c’est-à-dire la méditation, la respiration, tout le travail de respiration. Bon là, Iyengar, quand on commence, on travaille vraiment sur les asanas (13) et seulement après, le travail respiratoire.
A : Et comme tu en fais depuis longtemps, est-ce que tu fais aussi, des stages (14), par exemple ?
M : Oui.
A : Parce que c’est différent de faire un stage… un peu intensif.
M : Ah oui, le stage intensif, ça permet de se perfectionner (15), ça permet aussi de voir là jusqu’où on pourrait aller, bah en continuant quoi, en fait, parce que quand on est en stage, on aborde des postures qui sont un peu plus complexes. Et puis, il y a plus de précision. Oui, c’est très, très, très enrichissant.
A : Donc, pour toi, le yoga, c’est absolument fondamental dans ta vie.
M : Fondamental, ouais, complètement.
A : Et tu… tu fais chez toi aussi, alors sûrement.
M : Alors, j’essaye de pratiquer tous les jours.
A : Tous les jours !
M : Oui. Alors, en fait, je pratique… Je vais pratiquer intensément pendant un mois, deux mois, et après je vais avoir besoin d’un petit peu de repos. Donc je vais pratiquer plutôt tous les deux jours, enfin voilà. J’essaye de quand même… de faire attention à ne pas être trop fatiguée, mais oui, oui, je pratique très régulièrement.
A : Et quand tu pratiques chez toi, donc, tu es toute seule. Tu refais des postures que tu fais en cours avec un prof ? Ou tu regardes internet ?
M : En fait, voilà. Voilà, donc j’ai deux cours Iyengar. Donc, quand je rentre chez moi, je réécris les cours, je remets les postures.
A : L’enchaînement ? Enfin, la succession des…
M : Oui, la progression, la progression du cours et en fait, je refais le cours. Et ensuite, quand je fais des stages, je note aussi toutes les postures qu’on a travaillées. Et bon, maintenant, je perçois bien ce qui peut amener à la posture, quelles sont un petit peu les pratiques qu’il faut pour aboutir à cette posture-là. Donc, je m’entraîne jusqu’à ce que j’y arrive (16).
A : Donc, tu te fais ton programme, basé sur ce que tu as appris en stage ou en cours.
M : Voilà, c’est ça.
A : Ça suppose de connaître parfaitement les noms des postures.
M : Oui. Alors j’ai…
A : Tu as travaillé ?
M : J’ai le livre de B.K.S Iyengar. Donc je le lis, j’apprends… j’apprends les postures.
A : Pour aller beaucoup plus loin.
M : Pour aller plus loin, oui.
A : Donc, tu pratiques… tu sais pratiquer seule. Mais quand tu vas en cours, qu’est-ce que ça t’apporte d’aller dans un cours? Est-ce que c’est important, l’atmosphère ?
M : Oui, c’est très important d’aller en cours, parce que le yoga, c’est aussi un partage. Donc le fait d’être ensemble, de pratiquer ensemble, même en silence, il y a une énergie particulière. Et puis les cours où je vais, il y a une très bonne ambiance (17). On est content de se retrouver (18), on partage, on discute (19). Bon, quand on fait le cours, on fait le cours, mais il y a des échanges avant et après qui sont… On apprend à se connaître. C’est important.
A : Et je sais qu’il faut pas dire que le yoga, c’est du sport, parce que le sport, oui, souvent il y a de la compétition.
M : Oui, c’est pas du tout un sport. Alors là, il y a absolument pas de compétition, on regarde pas ce que fait l’autre, on intériorise un petit peu et on fait chacun avec son corps. Et de toute façon, on est concentré, puisque on essaye d’activer des parties de son corps. Donc on est vraiment centré sur soi. Il y a pas du tout de compétition.
A : Oui, contrairement à ce qui peut se passer parfois, tout ce qu’on entend dans certaines salles de sport où les gens s’observent (20).
M : C’est complètement différent, non, non. Il y a même… Dans le yoga Iyengar, on ne le fait pas, mais il y a beaucoup de yogas où on pratique les yeux fermés. Donc…
A : Oui, parce que on est vraiment centré sur soi.
M : Sur soi. Et puis à l’écoute de son corps, donc quand on est à l’écoute de (21) son corps, on… Voilà, on est concentré.
A : Et c’est ça qui doit faire du bien (22) aussi d’être dans le présent.
M : Complètement. On est dans le présent. On est détendu. On n’a pas les soucis de la vie au quotidien. Donc…
A : Pendant une heure et demie, deux heures…
M : Pendant une heure et demie, voilà, on s’échappe.
A : Et on dort bien ?
M : Et on dort bien, très bien, oui.
A : Eh bah c’est parfait tout ça ! Je te remercie.
M : Avec plaisir.

  1. faire du yoga : en général, quand on décrit une activité sportive ou quand on parle d’un loisir, on emploie le verbe faire (suivi de du… / de la….)
    Par exemple : faire du sport / faire du foot / faire de l’escalade / faire de la natation / faire du théâtre / faire du dessin / faire de la musique / faire de la couture, etc.
  2. au niveau de… : en ce qui concerne
  3. enchaîner les postures : on fait des postures sans temps d’arrêt entre elles. On utilise aussi ce verbe dans d’autres situations :
    Il enchaîne les petits boulots / les matchs / les compétitions.
    – Depuis quelque temps, elle enchaîne les succès / les échecs.
  4. aboutie : terminée, réalisée complètement
  5. se fracasser : se faire du mal ( familier)
  6. par rapport à : comparé à
  7. un embryon de posture : une posture incomplète, une ébauche de posture.
    On dit aussi par exemple : un embryon de solution, ce qui signifie qu’on est encore loin d’une vraie solution
  8. rigoureux : qui a des qualités de rigueur, qui n’est pas approximatif
  9. exigeant : qui demande beaucoup d’efforts, de précision
  10. faire de la course = de la course à pied.
    Quand on ne précise pas, c’est toujours de la course à pied. Sinon, on parle de course automobile, de course à la voile, etc.
  11. au démarrage : au début / quand elle a démarré = commencé le yoga
  12. pratiquer : en yoga, c’est le terme utilisé pour dire qu’on s’entraîne. Les gens parlent de leur pratique, pas d’entraînement comme dans d’autres activités physiques.
  13. les asanas : les postures
  14. un stage : en général, il s’agit de faire une activité sur plusieurs jours, en se consacrant pleinement à cette activité.
  15. se perfectionner : s’améliorer
  16. arriver à faire quelque chose : réussir à faire quelque chose.
    On emploie ce verbe avec l’adverbe Y :
    Je n’y arrive pas. / Tu vas y arriver, continue ! / Tu crois qu’on va y arriver ?
  17. une bonne ambiance : un contexte agréable, avec des gens sympathiques
  18. se retrouver : être à nouveau ensemble pour passer du temps ensemble
    Ils se retrouvent tous les ans l’été chez l’un ou chez l’autre depuis leur adolescence.
  19. discuter : parler de choses et d’autres ensemble
  20. les gens s’observent : ils se regardent les uns les autres.
    Les verbes pronominaux en français peuvent être ambigus : Les gens s’observent pourrait aussi signifier que chacun se regarde lui-même (et ne regarde pas les autres). C’est le contexte qui permet de comprendre si l’action est tournée vers soi-même ou vers quelqu’un d’autre.
  21. être à l’écoute ( de son corps, des autres, etc.) : être très attentif à…
  22. faire du bien : avoir un effet positif
    Par exemple : ça fait du bien de se détendre / d’être en vacances.
    Je pense que ce stage lui fera beaucoup de bien.

Et vous, connaissez-vous bien le yoga ? Si vous en faites, lequel pratiquez-vous ?
– Quelle est l’activité dont vous ne pouvez pas vous passer dans votre vie quotidienne ? (Faire du français peut-être ! ;-))


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